Le logiciel Antidote peut-il remplacer un correcteur ?

Le logiciel Antidote peut-il remplacer un correcteur ?

Dans un précédent article, je vantais les mérites d’Antidote, ce logiciel de correction ultrapuissant. Mais s’il est si exceptionnel, pourquoi donc devrait-on s’embêter à payer un correcteur professionnel pour relire ses écrits ? Le logiciel suffit-il à éradiquer toutes les coquilles d’un texte ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Antidote logiciel de correction professionnel

Antidote : la crème de la crème des correcteurs

Comme je vous l’ai déjà expliqué dans mon article sur Antidote, il s’agit d’un logiciel de correction payant qui vous permet de traquer les fautes de vos écrits. Bien plus puissant qu’un logiciel classique, il repère énormément de coquilles, d’erreurs de temps, de pléonasmes et autres barbarismes.

Tout est si parfait que l’on pourrait se demander : mais a-t-on réellement besoin d’un correcteur humain ? Antidote ne pourrait-il pas remplacer les professionnels dont je fais partie ? Honnêtement, si c’était le cas, je n’aurais pas fait un article pour dire à quel point ce logiciel était exceptionnel 😂

Personnellement, je considère que le travail du correcteur humain et celui d’Antidote sont complémentaires. Antidote permettra au correcteur de ne pas louper de fautes à cause de la fatigue, d’une inattention ou d’une phrase alambiquée. Il pointera aussi les répétitions, ce qui peut être très dur à repérer sur tout un texte.

Mais le correcteur professionnel apportera un élément que les outils automatiques n’ont pas : son regard humain. Et avec lui, une réflexion, un recul, une analyse.

Fautes oubliées et erreurs ajoutées

Tout est dans le titre, il peut arriver qu’Antidote ne repère pas certaines fautes ou en rajoute. Pour le premier cas de figure, deux choses peuvent arriver. Tout d’abord, comme n’importe quel correcteur humain ou automatisé, Antidote n’est pas parfait et a des failles. Dans une phrase un peu trop compliquée par exemple, il ne remarquera pas toutes les erreurs et en oubliera quelques-unes.

Sur l’image ci-dessous, on peut voir que le logiciel m’encourage à corriger « blanche » en « blanc », car pour lui, c’est le plâtre qui est blanc. Or, je parle ici de la couleur de la « poussière de plâtre », et pas du « plâtre » tout seul.

Même chose avec cet exemple :

Cela nous conduit au deuxième cas de figure : le contexte. Contrairement à un humain qui lit le texte et en saisit le sens, Antidote ne fait qu’analyser un enchaînement de mots sans savoir de quoi l’ensemble traite. Il n’est donc pas rare que certaines fautes passent au travers des mailles du filet à cause d’une incompréhension.

Comme on peut le remarquer dans les deux exemples ci-dessus, le logiciel ne sait pas si les sujets « Thomas » et « Mélany » sont féminins ou masculins, il ne se fie qu’au « Moi ». Ainsi, si l’on suit aveuglément Antidote, on loupe l’accord féminin qui n’a rien à faire là pour la phrase de Thomas. Même chose pour la phrase de Mélany, on voit qu’un « e » a été oublié pour « parti ».

D’où l’importance de laisser un humain qui sait de quoi on parle relire. A priori, si vous avez bien choisi votre correcteur, il devrait éradiquer toutes ces fautes.

Le cas des dialogues de roman

Même si les romans ne représentent pas toutes les missions d’un correcteur ou d’une correctrice, ils en sont une bonne partie. Et si un lecteur humain remarque sans souci la différence entre la narration et les dialogues, introduits par des tirets ou des guillemets, c’est une autre paire de manches avec Antidote.

Comme on peut le voir sur l’exemple ci-dessus, le logiciel n’a pas compris qu’il s’agissait d’un discours direct avec un impératif. Ainsi, il m’encourage à supprimer la virgule après « Kurt » et à accorder le verbe à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif. Ce qui changerait totalement le sens de ma phrase !

Or, la confusion de terminaisons du type « sors » et « sort » est extrêmement fréquente. Une personne qui ne maîtrise pas la langue française pourrait croire ce que lui dit le logiciel, ajoutant par conséquent une faute qui n’était pas là au départ.

De la même manière, les verbes introducteurs de parole sont généralement présentés avec le verbe et le sujet inversés, comme ceci : dit-il, cria-t-elle, demandai-je… Une fois encore, on sait qu’il s’agit d’un dialogue, notamment grâce au tiret ou aux guillemets. Le logiciel, lui, l’ignore et pense logiquement qu’il a affaire à une phrase interrogative. Rappelons que le sujet et le verbe inversés sont souvent propres à une question.

Ici, le logiciel me demande de changer le point en un point d’interrogation, car il n’a pas compris le contexte.

Antidote et les incohérences

Le travail de correcteur ne se résume pas à supprimer les coquilles d’un texte, oh non, ce serait bien trop simple. Bien souvent, surtout dans les romans, l’auteur va introduire une ou des incohérences. Cela peut être un personnage qui change de nom en cours de route (ça m’est arrivé dans Abby McAlban…). Autre cas de figure, si j’écris :

« Kai dit au revoir à tout le monde et sortit de l’appartement pour rejoindre Scar. »

Quelques phrases auparavant, on apprenait pourtant que Kai était déjà en train de discuter avec Scar dans la cuisine. Et dans les phrases qui suivent, on va découvrir qu’il arrive sur le trottoir et salue Catelyn qui l’attendait. Vous comprenez ? L’auteur a confondu les personnages, un cas extrêmement fréquent, comme votre mère qui vous appelle par le nom de votre frère ou de votre sœur quand elle est énervée et qu’elle bafouille. Seule une lecture humaine sera en mesure de repérer ça.

Justement, le correcteur est un lecteur test de l’histoire. S’il ne comprend pas ce que l’auteur essaye de dire, alors, personne ne le comprendra. Toutefois, on s’en doute, un texte a pour vocation d’être lu et d’être compris. Donc, en plus des simples fautes, le correcteur ou la correctrice rendra l’écrit qu’il a sous les yeux compréhensible en supprimant toutes les erreurs non syntaxiques. Cela peut être une erreur de date (la Révolution de 1789, au XIXe siècle), d’information (la chèvre clonée Dolly), de lieu (Bourges, capitale de la Creuse), etc.

À bas les éléphants de la langue française

Mais au-delà de ces erreurs, le correcteur humain a également pour rôle de rendre le texte digeste. Je ne parle pas ici de réécriture totale, mais un professionnel doit être en mesure d’améliorer le style du livre, de l’article, du mémoire ou autre qu’il relit.

Cela passe par une suppression des adverbes et des participes présents à outrance, ces véritables éléphants de la langue française. Il peut également changer certains mots peu précis pour des synonymes plus appropriés.

Bien sûr, Antidote donne beaucoup d’indications stylistiques qui aident à rendre meilleur son écrit, mais il a ses limites.

Antidote versus Correcteur : qui gagne ?

Finalement, que choisir entre un correcteur professionnel et un logiciel ? Eh bien, je dirais les deux. Certes, le correcteur utilise souvent lui-même Antidote, c’est mon cas, et c’est ce qui me permet de rendre un travail aussi excellent que possible à mes clients.

Mais un professionnel sera quant à lui en mesure de différencier les vraies fautes des fausses, de repérer les incohérences et les lourdeurs. Bref, son travail complétera fortement celui d’Antidote.

Malgré tout, en tant que particulier, si vous n’avez pas les moyens de vous offrir les services d’un correcteur ou d’une correctrice (😢), je vous recommande d’investir dans Antidote pour améliorer vos écrits. Si vous êtes amené à écrire pour votre travail, que ce soient des articles, des courriers, des posts sur les réseaux sociaux, des rapports ou de n’importe quel type de texte, ce logiciel vous aidera à supprimer une grande partie de vos fautes et vous fera même progresser. Néanmoins, n’hésitez pas à aller vérifier sur Internet ou dans un manuel au moindre doute. Pour cela, je vous conseille ma liste de ressources pour progresser en orthographe.

Et pour la petite info, après la relecture de cet article, j’ai trouvé quatre fautes, et ce, malgré un passage préalable dans Antidote. Comme quoi… 😉

Alors, êtes-vous plutôt team correcteur ou team Antidote ?



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