Correctrice : ma routine de freelance

Correctrice : ma routine de freelance

Le métier de correcteur professionnel nourrit bien des fantasmes. C’est vrai, quoi : qu’est-ce qu’on fabrique toute la journée ? Sommes-nous des rats de bibliothèque qui engloutissent des dizaines de livres à la suite ? Y a-t-il de sombres secrets autour de cette profession ? Aujourd’hui, j’ai décidé de vous dévoiler les coulisses de ma vie de correctrice freelance au travers de ma routine.

Routine Mélany Bigot

Petit rappel : la correction, ça consiste en quoi ?

Je l’ai dit en introduction, le métier de correcteur ou correctrice est entouré de fantasmes. Déjà, il est bien souvent méconnu, et des personnes sont plus qu’étonnées en découvrant qu’il existe bel et bien. Eh oui, on peut (bien) gagner sa vie en traquant les fautes des autres. Il faut bien ça pour que la langue française subsiste à travers la presse et l’édition, non ?

Mais lorsque les gens connaissent cette profession, ils ont également une idée tenace en tête : « Tu passes tes journées à lire des romans ? La chaaaaaaaaance ! » Alors, oui, il m’arrive de lire des romans, mais honnêtement, ça ne représente même pas 50 % de mon temps. Certains correcteurs sont d’ailleurs spécialisés dans les textes non littéraires. Car il n’y a pas que les livres qui ont besoin d’être corrigés !

Ce qui nous amène à notre question : c’est quoi, un correcteur ? C’est une personne qui maîtrise parfaitement la langue française et ses douze millions de subtilités et qui doit faire en sorte que les écrits qu’on lui confie soient aussi « propres » que possible. Cela signifie qu’il faut dénicher toutes les fautes et erreurs d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, de typographie. Mais également les répétitions, les maladresses de style, les incohérences, les phrases bancales, les barbarismes, les solécismes…

Bref, il y a de quoi avoir une sacrée migraine juste en pensant à ça. Le correcteur doit donc être infiniment attentif pendant sa lecture, ce qui exige une concentration extrême et une rigueur parfaite, sans compter des connaissances très pointues. D’autant qu’un correcteur digne de ce nom relira au minimum deux fois le texte qui lui a été confié. En effet, il est quasiment impossible de repérer toutes les fautes, et encore moins les incohérences, avec une seule lecture d’un texte que l’on ne connaît pas encore. Vous l’aurez compris, la correction est un sacré travail bien différent d’une simple lecture « plaisir ».

La routine du Sniper des fautes d’orthographe

Évidemment, cette routine n’engage que moi, Mélany Bigot, première du nom et Sniper des fautes d’orthographe. Chaque correcteur et chaque correctrice aura ses propres méthodes de travail, selon ses préférences, ses clients, son statut, son rythme, etc. Le but est de vous présenter mes coulisses à moi. Qui sait, ça pourrait vous inspirer 😉

Pour information, mes missions varient beaucoup d’une journée à l’autre, je vais donc essayer de mélanger journée et semaine type, du lundi au vendredi (parce que le week-end, c’est dodo !).

Read book

Le lundi : une journée à part

Le lundi est à part pour moi, car sauf extrême urgence, je ne travaille pas pour mes clients ce jour-là. Je me lève donc un peu plus tard que les autres jours, entre 9 h 30 et 10 h et je travaille uniquement sur mes travaux à moi.

Il s’agit d’écrire mes posts LinkedIn (deux par semaine), de rédiger mes articles de blog (deux par mois) et mes newsletters (une par mois). J’en profite également pour gérer mes produits en ligne, à savoir mes romans et ma formation d’écriture littéraire. Si je travaille sur un gros projet, comme l’a été ma formation justement, j’essaye d’avancer dedans un maximum. C’est aussi à ce moment-là que je m’occupe des éventuelles démarches administratives, déclarations à l’Urssaf, régularisations de factures et autres choses sympathiques.

Comme je n’ouvre ni ma boîte mail ni mes réseaux sociaux le week-end, je rattrape mon retard en répondant aux MP et aux commentaires sur LinkedIn et aux e-mails. Ça me prend généralement un temps fou, mais j’essaye de ne plus dépasser une à deux heures quotidiennes.

Gérer ma création de contenu et mes réseaux est essentiel et va de pair avec mon activité de correctrice. Car, oui, sans mes posts sur LinkedIn et sans mes articles de blog, je n’aurais tout simplement pas de clients !

J’ai opté pour une stratégie d’inbound marketing, c’est-à-dire qu’au lieu de chercher moi-même mes clients, je poste des contenus sur le Web pour que ces derniers me repèrent et me contactent d’eux-mêmes. Il est donc extrêmement important que j’entretienne mes blogs et ma page LinkedIn pour continuer d’avoir régulièrement des propositions de travail. C’est également un très bon moyen de prouver mon expertise en tant que correctrice.

Routine de correction

Mes matinées de travail

Hormis le lundi, mes journées commencent à 9 h, dès le saut du lit. À peine levée, je file directement sur mon ordinateur pour écrire trente minutes dans mon roman en cours (car oui, en plus d’être correctrice, je suis écrivain). J’applique cette routine tous les jours sans exception, peu importe l’heure à laquelle je me réveille. C’est le moyen le plus efficace que j’ai trouvé pour avancer dans mes histoires, car souvent, le soir, après une grosse journée de travail, je suis épuisée et pas toujours motivée à écrire.

Une fois cette demi-heure faite, je peux commencer ma journée de correctrice. Dès 9 h 30, je rejoins la team des secrétaires de rédaction du site internet Clubic. Tous les mardis, mercredis et vendredis, je corrige les articles d’actualité qui y sont publiés. Pour en savoir plus, c’est par ici que ça se passe. Globalement, les articles tombent au compte-gouttes tout au long de la journée et nous sommes trois pour les corriger, ce qui me laisse le temps de faire autre chose en parallèle.

Dans les temps creux de la matinée, je vais faire un tour dans ma boîte mail et sur LinkedIn, ce qui est assez long. J’en profite aussi pour manger un bout, aller prendre ma douche (car je ne suis pas une crasseuse) et m’habiller. Certains freelances préfèrent travailler en pyjama, mais je déteste ça, j’ai l’impression d’être malade 🤒

Généralement, vers 11 h ou 11 h 30, j’ai fini toutes ces tâches et j’attaque ma ou mes missions du jour, tout en gardant un œil sur Clubic.

Une après-midi de totale correction

Après une (très) rapide pause déjeuner, je me plonge à fond dans la correction jusqu’à la fin de la journée, entre 19 h et 20 h selon les jours. Ma mission varie en fonction des demandes. En plus de Clubic, j’ai cinq autres clients réguliers pour qui je corrige des contenus (romans, articles, posts réseaux sociaux, courriers, newsletters, etc.).

Pour compléter cette belle brochette grâce à qui j’ai toujours la certitude d’avoir du travail, j’accepte un à deux clients ponctuels par mois. Avant, je corrigeais beaucoup de mémoires, mais maintenant, je préfère faire passer en priorité des romans, car c’est ce que j’aime le plus corriger (comme beaucoup de correcteurs, ne nous mentons pas).

Mon après-midi consiste donc, en plus de Clubic, à corriger un texte pour l’un de mes clients, ponctuel ou régulier. Prenons l’exemple d’un roman. Je vais d’abord effectuer une première lecture pour enlever le plus gros des fautes. Pour cela, j’affiche les caractères non imprimables de Word, afin de corriger les espaces ou les sauts de lignes mal placés. Cette première lecture est la plus longue, je découvre l’histoire et repère les fautes les plus évidentes. Elle me prend plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon la taille du livre.

Une fois arrivée à la fin, je passe le texte dans le logiciel de correction Antidote, ce qui me permet de détecter les répétitions et les coquilles qui m’ont échappé. Quand j’ai terminé cette étape, j’attaque la deuxième et dernière relecture. C’est le moment de dénicher les toutes dernières fautes qui se cachent dans le texte, de même que les incohérences que je peux voir, maintenant que je connais l’histoire complète.

Ce n’est qu’à la fin de cette deuxième relecture que je peux envoyer le document final à mon client.

La fin de journée

Une heure avant de finir ma journée de correctrice, je réponds aux derniers mails que j’ai reçus et j’envoie si besoin des devis ou des factures à des prospects ou clients. Je fais un dernier tour rapide sur LinkedIn, puis je coupe tout jusqu’au lendemain.

C’est le moment de me relaxer, de manger, de profiter de mon conjoint… et d’écrire ! Si je ne suis pas trop fatiguée, je reprends mon roman pour écrire jusqu’à mon coucher, vers minuit.

À peu de choses près, mes semaines ressemblent donc à ça ! Il m’arrive de faire varier un peu cette routine lorsque je suis en déplacement dans le Berry ou dans le Morbihan, ou quand je vais occasionnellement travailler dans un café, histoire de voir d’autres êtres humains. Même chose si j’ai un rendez-vous, une interview, une sortie de prévue…

En tout cas, comme vous avez pu le constater, être correcteur, ce n’est pas seulement lire des livres avec un bon café (mais le café peut aider quand même). C’est aussi gérer l’administratif (🤢), s’occuper de sa promotion, des échanges avec les clients, sans oublier que l’on ne corrige pas que des romans, loin de là. Mais c’est ce qui fait la magie de ce métier : on ne s’ennuie jamais et on ne fait jamais la même chose. Et je trouve ça passionnant !

Et vous, c’est quoi votre routine de travail ?



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